Rencontre du troisième type, rencontre ordinaire ?

En 1977, Steven Spielberg réenchante le cinéma américain en réalisant
« Rencontre du troisième type », un film venu d’un autre monde de par la qualité de son scénario et de son excellente mise en scène, sans oublier le jeu de rôle de l’ensemble des acteurs. Ce merveilleux script, et il faut savoir peser ses mots, aborde ici le thème de l’ordinaire et de l’extraordinaire dans toute sa splendeur puisqu’il est ici question du rapport consciencieux entre le réel et l’irréel. Plus particulièrement, le sujet des objets volants non identifiés (plus communément appelés sous l’acronyme OVNI) établit un rapport direct et concret entre deux mondes car il est de la capacité de l’être humain de pouvoir distinguer un avion ou un hélicoptère voler dans le ciel tout comme il lui est tout à fait possible d’affirmer qu’il ne s’agit en aucun cas de l’un de ses deux appareils.
Qu’aurait­-il donc vu ? Nombre de réponses sont possibles et il paraît donc évident que l’écriture d’une trame de la sorte exige une intelligence et une force d’esprit peu commune.
Spielberg et sa plume aussi bien réaliste que surréaliste ont de ce fait donné à tout le peuple américain le fil conducteur pour s’identifier à cette oeuvre qu’est la Rencontre du troisième type.
Ce peuple qui, ne l’oublions pas, est descendant de colons européens et toujours en perpétuel mouvement avec cette extrême attirance pour le progrès, le savoir, l’inédit ou encore l’extraordinaire. C’est, par conséquent, cette population intrinsèquement nomade et nouvellement sédentaire qui retrouve par ce film « Rencontre du troisième type » ses perspectives d’ailleurs.
Rencontre du troisième type
Ce long métrage a eu le bon goût de représenter des êtres extraterrestres en tant que population lointaine, à la fois supérieure et offensive. Un cocktail qui viendra aiguillonner tous les fantasmes et les craintes des Etats­Unis d’Amérique. Grâce à ses moyens de communication certainement ultrasophistiqués, cet « au­delà » peut créer une interaction à l’aide d’un son très primaire, dévoilant ainsi son potentiel de mise à niveau de compétences acquises ou innées et plongeant par la même occasion les Autochtones dans un sentiment de peur et d’angoisse devant cette supériorité.
Spielberg table donc sur de nombreux paramètres pour mettre en relief les limites de l’Homme dans ce film, la rencontre du troisième type. Les provinces américaines qui regroupent des centaines de milliers de paires d’yeux aussi bien émerveillés que terrifiés face aux lumières hypnotiques de l’un des vaisseaux conquérants, comme un parallèle au regard du renard figé au milieu de la route. Un double sentiment, celui de la peur et de l’espoir, rappelle vivement à l’être humain qu’il n’est seulement que bien peu de choses devant une existence qu’il ne connaît pas et surtout qu’il ne maîtrise pas. Succès fou donc que ce film dépareillant des autres productions à une époque où l’Amérique connaît une révolution culturelle.

Cette « rencontre du troisième type » nous la connaissons tous sans qu’elle soit similaire à celle adaptée par Spielberg dans les salles.

C’est une rencontre qui va venir nous apprendre quelque chose, sur nous ou sur le monde, qui ébranle le sujet, qui le modifie et qui permet de lancer des pointes audacieuses vers le « changement » comme des prémices de révolution personnelle ou collective. Cette « science », empirique et puissante à la fois, nous révèle toute la complexité de notre univers et de notre esprit. Certains maîtres à penser pourraient nous affirmer qu’au fil des siècles passés et malgré une accumulation d’exemples réels ou irréels, nous aurions tout de même tendance à continuer de galvauder le sujet. L’un de mes amis, une personne aussi bien simple que complexe dans la retranscription de sa pensée, se révèle être à mon sens un père de la spiritualité en raison de sa totale adéquation physique et mentale lorsque les idées du mysticisme ou du fantastique sont abordées. Celui­ ci évoque, sans bien évidemment avoir matière à pouvoir le prouver, que l’important se situe entre le cortex moteur et le VORTEX (Visualisation Objective du Retour d’Expérience) et que la seule et unique force pure n’est autre que le magnétisme.
Aussi, pour en revenir à la réalisation du film « Rencontre du troisième type », il est important de rappeler l’historique particulier de cette période. En effet, l’éruption d’une nouvelle Amérique symbolisée par Elvis Presley et Charlie Chaplin laisse place à une identité nouvelle, plus rebelle et stimulée par une dualité féroce avec l’URSS et les négociations tendues avec Brejnev.
Cette « évolution »est le meilleur moyen pour cette nation dominatrice de revendiquer une nouvelle vision des choses et son identité pour les années qui suivront.

« Rencontre du troisième type », co­réalisé par François Truffaut rappelons ­le, a subi par extension de diverses significations que nous ne cesserons de traverser dans nos existences.

Qui n’a pas connu de nouvelles situations ou des personnes qui nous ont façonnés et nous ont fait apparaître la différence dans son plus simple appareil ?
En littérature par exemple, les claques esthétiques que nous donnent Molière ou encore Montesquieu dans ses lettres persanes nous transporteront vers un voyage immobile qui nous changera à jamais la vision de notre jardin modeste du pavillon numéro 37 de la résidence des belles mouettes.

Un troisième type de sexualité

C’est aussi l’émergence dans nos sociétés d’un troisième type de sexualité, l’androgynie et la révolution transgenre qui font apparaître de nouvelles entités jusqu’alors étouffées dans le grenier de centaines de milliers d’inconscients. Le cinéma se fait donc également actif pour accomplir le rêve des hommes et pour cela Spielberg avec sa rencontre du troisième type est un maître en la matière. Cette même année, le monde est en extase à siffler la musique de Rocky et à s’imaginer rafler le titre de champion du monde poids lourd à Apollo Creed mais aussi à se laisser bercer par la nouvelle saga de George Lucas et son désormais sempiternel « Star Wars ».
Steven Spielberg arrivera quant à lui, face à cette concurrence féroce, à nous faire découvrir de nouveaux espaces de pensée qui bouleverseront notre rapport aux humanoïdes étrangers à la Terre et qui nous apporteront une réflexion supplémentaire sur la nécessité d’une fraternité mondiale voire universelle et ce afin d’affronter les défis tant essentiels qu’existentiels.
Cultivons la différence et non l’indifférence !
Il vous ai ou sera souhaitable de faire cette rencontre du troisième type…