La grosse

Depuis quelques semaines, je sors avec une grosse, faut s’y faire. Je l’ai rencontré sur une recherche internet mettant en avant les femmes escortes rondes, cela après une soirée ratée. Le coup classique, je lui ai dit qu’elle était la plus belle et qu’elle n’était pas perçue à sa juste valeur. Bien évidemment, ce n’était pas moi qui m’exprimais mais mon sexe en érection sous l’effet de la douzaine de vodka-redbull que j’avais englouti auparavant…

Le lendemain, je reçevais un message de la grosse pour me dire qu’elle accueillait mes avances (elle m’a rejeté le premier soir car elle voulait du « sérieux »). Face à mon discours délirant de la veille, impossible de faire demi-tour, je me donnais donc deux semaines pour tenter de l’écœurer.

J’allais  donc chez elle le surlendemain, je lui faisais des câlins et je me permettais de lui faire remarquer ses poignets d’amour, ces amas de graisses parcourant allégrement sa ceinture abdominale. L’erreur ! Elle trouvait cela mignon et honnête de ma part que je la taquine sur le sujet. Le tour de grand huit ! Sans ceinture ! À la gitane ! C’est parti…

J’observais ainsi ses mollets, engourdis par une phlébite constante et répugnante. Elle se sentait à l’aise avec moi, elle se disait heureuse et elle m’avouait ma réputation de « mec bien ». Le guet-apens ! Coincé le bougre ! Guillotiné sur l’autel de la réputation ! Bien joué petite !

En fait, son corps prend une forme de stradivarius, les fesses sont très larges ce qui laisse place à un renfoncement sur le haut des reins avant de finir en vase jusqu’aux épaules, bouffies à l’huile de phoque. Bien évidemment, la grosse est coquette et met le maximum de chances de son côté : teinture blonde platine, manucure opérationnelle, vernis à ongle « rouge salope » et parfum explosif. Elle camoufle la misère ! Professionnelle ! Je croque !

J’ai toujours été trop respectueux, les autres non. Pas à mon égard en tout cas ! Suspecté d’avoir un petit sexe, un gros bide et des boutons dans le dos ! La réputation n’a jamais été tendre avec moi! Donc je ne reproduis pas le schéma…trop d’éthique. Ma chrétienté me fait pourtant défaut quand elle enlève sa culotte. En effet, je sens à chaque fois un sexe mal rasé, surplombé par un petit tertre de graisse mal placé, du genre abdomen de chat en fin de vie superposé sur une planche. Pas joli ! Sympa la cuite ! « Tu verras » qu’ils disaient, « in vino veritas », « cela désinhibe tellement que c’est un aspirateur à gonzesse ». Elle est crasseuse la vérité ! Je dois très bien savoir me mentir à moi-même !

Bref, je fourre la bête malgré tout, après m’être frotté contre de la chair difforme. Verdun 1916 ! Papy y était ! Hommage ! Ça sent la mort…

Je bombarde chaque soir, je tanne le cuir, à la hongroise, va et vient dans sa chatte. Rien à faire, je m’essouffle, le contact maintient l’érection mais je ne peux jamais éjaculer, trop d’ego…

Voilà, je suis condamné à reconnaître mon impuissance, elle trouve cela charmant, je lui promets de repasser la voir demain. Elle n’a jamais été aussi épanouie…